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| De nombreux dieux, mais une seule spiritualité
Il relèverait de l'impossible de vouloir traiter dans le détail de tout le panthéon celtique, d'autant que celui-ci s'est enrichit au cours des pérégrinations des différentes tribus des divinités locales des tribus anciennement installées. En fait, il apparaît assez vain de parler d'une religion celte. Il faut sans doute lui préférer l'expression de spiritualité celte. Bien que chaque tribu eut sans doute un certain nombre de divinités propres, il faut noter la profonde unité spirituelle, théologique voire même mythologique des celtes sur l'ensemble des territoires qu'ils occupaient. On a recensé plus de 400 noms de dieux dans la seule Gaule, mais il est probable que ces noms ne soient certainement pour la plupart que des épithètes qualifiant les dieux principaux sous certains aspects particuliers. Certains auteurs émettent d'ailleurs l'hypothèse de l'existence d'une langue liturgique commune à l'ensemble de la classe sacerdotale, cette dernière étant connue en Irlande sous le nom de "langage des filid". Cette langue sacrée aurait été comparable au sanscrit, langue du clergé brahmanique dans l'Inde védique. Cette hypothèse s'appuie - entre autre - sur les commentaires de certain auteurs antiques, comme Diodore de Sicile, qui écrit dans son |
Statue celtique, Boa island, sur le lac d'Erne (Irlande du nord) |
| Histoire mythique (Ie siècle avant J.C.) à propos
des druides : " Ces hommes que nous appelons philosophes et théologiens
sont tenus en grand respect ; ils les appellent "druides" (...)
et aucun sacrifice ne peut être fait sans la présence d'un
druide (...) car ils sont les seuls à parler le langage des
dieux."
Une religion sans temples ni statues
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Cuchulainn, héros du cycle d'Ulster
John Duncan, Toile, 1913 Cliquez sur l'image pour accéder au récit de ses exploits |
Dieux celtes et moines chrétiens
Quant aux dieux celtes des îles britanniques, et notamment de l'Irlande : si l'on peut reprocher au christianisme d'avoir fait disparaître en partie le mode de pensée celte - sans doute à juste titre -, on ne peut malgré tout lui imputer tous les maux. Les moines irlandais, peu après la christianisation de leur île, prirent en effet l'excellente initiative de rapporter par écrit la plupart des sagas irlandaises pré chrétiennes, en les teintant d'évangiles évidemment, mais en restituant toujours avec beaucoup de soins la grandeur de ces épopées mythiques. Cliquez sur le lien qui suit pour découvrir un extrait de la saga de Cùchulain, préservée malgré tous les siècles qui nous séparent de ces époques de gloire et d'aventure. D'autres récits mythiques viendront s'ajouter sur ce site d'ici quelques temps. Les manuscrits qui relatent ces récits comptent d'ailleurs parmi les plus magnifiques exemples de l'enluminure irlandaise du haut moyen âge, avec le Book of Kells (voir la page consacrée à l'art chrétien irlandais). Si vous êtes intéressé par le cycle des Thuatha dé Danann, cliquez ici pour en voir un résumé. Concernant le panthéon celtique en général, plutôt que de tenter un inventaire exhaustif de ces dieux et personnages héroïques (vous trouverez les références d'un certain nombre d'excellents dictionnaires de la mythologie celtique dans la bibliographie), il apparaîtra certainement plus intéressant de dresser les grands traits du druidisme, et de présenter brièvement les principaux dieux des panthéons gaulois et insulaire. |
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Les fonctions druidiques A titre liminaire, il faut apporter quelques précisions sur les fondements de la vie religieuse chez les peuples celtes. Quant à la classe sacerdotale, d'abord : on utilise la dénomination de "druide" (étymologiquement dru-uid-es, "les très savants") pour représenter le clergé dans son ensemble. En réalité, cette fonction recouvrait plusieurs tâches distinctes, et une catégorie particulière de druide était chargée de chacune d'entre elle : - Le théologien, qui est l'archétype du druide que nous connaissons. Il présidait aux cérémonies religieuses les plus importantes, mais son rôle ne s'arrétait pas là. Il comprenait également la médiation, l'explication et le commentaire de textes sacrés, ainsi que la fonction judiciaire, en tant qu'arbitre chargé de l'application du droit coutumier (nommé droit brehon en Irlande), et l'instruction des enfants. - Le barde, poète de la tribu (File en Irlande), chanteur, musicien, conteur... Le rattachement de cette catégorie d'artiste à la classe sacerdotale illustre l'importance que les celtes accordaient aux arts et à la musique. - Le devin (vatis en Gaule, fàith en Irlande), qui s'occupe de toute la partie pratique, divinatoire, magique du savoir sacerdotal. L'importance de la spiritualité dans la société
celte
L'immortalité des âmes et l'Autre monde
les dieux gaulois et celtes en général Les Dieux gaulois était
fort nombreux (on a recensé près de 400 noms, mais tout laisse
à penser qu'il ne s'agit là que de la partie emmergée
de l'Iceberg), puisque chaque tribu vénérait un certain nombre
de dieux locaux. On connaît cependant un grand nombre de divinités
adorées dans toute la Gaule et la Bretagne insulaire (parfois sous
des noms différents, ce qui explique en partie ce très grand
nombre de théonymes), qui trouvent tous leur équivalent dans
la mythologie irlandaise. Cela illustre, au dela de la diversité
locale, la grande unité de la spiritualité celtique.
Le Dieu-père
La Déesse-mère
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Cernunnos
« Le Cornu » devait son nom aux cornes de cerf qu'il portait au sommet du crâne. Il apparaissaît souvent représenté assis en tailleur, commandant aux animaux dont il était souvent entouré (sanglier, lion, cerf, chien, cheval), comme sur le chaudron de Gundestrup (ci-contre, détail). Il symbolisait peut-être ces forces fécondes et le cycle des renouvellements car les bois du cerf tombent et repoussent comme le font chaque année les feuilles sur les arbres. On l'honorait pour qu'il veille au succès de la chasse, à la fertilité de la nature. |
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Belenos « Le Brillant » était un dieu jeune et beau comme l'éclat du soleil. Jules César le comparaît à Apollon, lui attribuant d'ailleurs un char entouré de rayons lumineux. Il pouvait être appelé Grannos (le Brûlant), Maponos (grand fils) ou encore Abelio en Aquitaine ou Beli au Pays de Galles. Oengus, le fils du Dagda, jouait le même rôle en Irlande. Lors de la fête de Beltaine on allumait de grands feux en son honneur. On purifiait le bétail en le faisant passer à travers la fumée. Il fut aussi vénéré dans des temples circulaires à partir de l’époque gallo-romaine. |
| Taranis
« Le Tonnerre » (en Gallois et en Breton, Taran signifie toujours Tonerre), dieu redoutable et guerrier était particulièrement honoré par l'aristocratie militaire. Il fut assimilé par les Romains à Jupiter. On lui sacrifiait des êtres humains et des animaux en les brûlant dans de grands chaudrons ou dans des mannequins d'osier (voir ci-contre). Cette image a souvent été représentée comme l’illustration de la « barbarie » des celtes et de leurs cultes. On a trouvé des monuments dédiés à Taranis un peu partout dans le monde celtique, des côtes de l'Adriatique au nord de la Grande-Bretagne. Il est souvent représenté avec son symbole, la roue. Toutates
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typique exagération des sacrifices celtes. |
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Brigid Brigid, ou Brigit, Brigindo en Gaule, était une déesse de la guérison et de la fertilité vénérée dans tout le monde celte. Elle assistait notamment les femmes en couches. Son culte fut particulièrement répandu en Irlande et dans le nord de la Bretagne insulaire (ou elle y était connue repectivement sous les noms de Bride et de Brigantia), ou elle donna son nom à la tribu des Brigantes. Sainte Brigitte, ou Sainte Bride, l'une de sainte patronne de l'Irlande, est son héritière dans la tradition chrétienne. Lugh
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Illustration
Miranda Gray, 1995 |
Camulos
Camulos était le dieu des Rémi, une tribu celte vivant dans l'actuelle Belgique, et une divinité de la guerre vénérée dans le nord de la Bretagne insulaire et dans la ville de Camulodunum ("le fort de Camulos"), actuelle Colchester dans l'Essex. Le nom de la ville servit peut-être de base à la cité arthurienne de Camelot. Les romains associèrent Camulos à leur dieu de la guerre, Mars. Epona
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Les dieux irlandais : les Thuatha Dé Danann Aux dieux celtes en général, il convient de préciser l'existence d'un panthéon propre pour l'Irlande gaëlique, qui dérive évidemment pour l'essentiel du tronc commun. Mais outre que celui ci nous est largement connu, pour une fois, puisqu'il fut consigné par écrit par les moins irlandais au moyen âge, il présente des spécificités. Cliquez sur le titre pour découvrir l'épopée des Thuatha Dé Danann. |
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