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| Le retour au
pouvoir en Angleterre de rois catholiques donna après l'intermède
de Cromwell quelques espoirs aux catholiques irlandais. Ils furent rapidement
déçus : otages de leur parlement et des intrigues de la cour,
les derniers rois d'Angleterre catholiques Charles II et Jacques II n'améliorèrent
que bien peu la situation de leurs co-religionnaires. Quelques propriétaires
catholiques récupérèrent leurs terres, et eurent accès
à certaines charges officielles.
La fuite de Jacques II vers la France après le coup d'Etat mené par |
La bataille de la Boyne, De Hooghe, gravure coloriée |
| Guillaume d'Orange en Angleterre à la fin du XVIIe compromis définitivement toute chance de réhabilitation des catholiques. Lorsque Jacques tenta avec l'appui de la France de récuperer son trône, il commença par débarquer auprès de ses partisans irlandais, recruté principalement au sein de la noblesse anglo-irlandaise restée catholique. Sa tentative échoua près de la rivière Boyne, le 11 juillet 1690, quand il fut vaincu par les troupes orangistes (en Ulster, l'ordre d'Orange commémore encore tous les ans cette victoire par des marches provocatrices dans les quartiers catholiques). Jacques II dut à nouveau fuire vers la France. Ses troupes, composées de nombreux Irlandais et de nobles Anglo-Irlandais, quittèrent en masse les îles britanniques pour la France, ou elles devinrent de fidèles soutiens de la monarchie en s'intégrant aux troupes royales (Il y eut jusqu'à la révolution un corps d'armée nommé "les Irlandais du roi"). L'époque de la bataille de la Boye marque un tournant de l'histoire de l'Irlande, car c'est cet évènement qui voit pour la dernière fois intervenir la vieille aristocratie anglo-normande d'Irlande en tant que force politique agissante et autonome. Suite à cette |
La fuite de Jacques II après la bataille de la Boyne,
A.C. Gow, huile sur toile |
| défaite, la mort sur le champ de bataille, la fuite ou la ruine
totale (par la confiscation de ses terres) de cette classe toute entière
la fait sombrer dans l'oubli du jour au lendemain. En 1690, plusieurs siècles
après l'aristocratie gaëlique, la noblesse irlandaise de vieille
ascendance normande disparaît de l'histoire d'Irlande...
Des guerres de religions à la lutte des classes
Quand les nationalistes étaient protestants
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| En 1724, l'écrivain Jonathan Swift, anglo-irlandais de confession anglicane, fut le premier protestant à prendre conscience de la grande misère, la souffrance et l'oppression du peuple irlandais. Il publia une série de textes délibérément provocateurs, voire cyniques (Par son ironie glacée, Swift est considéré comme le fondateur de l'humoir noir), les Lettres du Drapier (1724), destinés à dénoncer cette situation. Il y souligna particulièremet la désinvolture et le mépris qu'éprouvaient les Anglais pour l'Irlande : " Ils en savent à peine plus sur l'Irlande que sur le Mexique, au mieux que c'est un pays soumis au roi d'Angleterre, envahi de marécages et peuplé de sauvages papistes maintenus en respect par des mercenaires. En général, ils pensent que pour l'Angleterre, mieux vaudrait que toute l'île fut engloutie par la mer, car les Irlandais ont une fâcheuse tradition : tous les quarante ans, ils mènent une rébellion" (pour illustrer le mépris des anglais envers les Irlandais, il suffit d'évoquer cette "saillie" de Wellington qui, né sur le sol irlandais, lorsqu'on le qualifia d'Irlandais répondit : "Naître dans une écurie ne fait pas forcément de vous un cheval"). |
Scéne
d'intérieur irlandais au XVIIIe,
gravure de Jonathan Swift |
The Irish house of commons, Wheatley,
huile sur toile, 1780 |
Une évolution politique se produisit à la fin du XVIIIe, lorsque le parlement irlandais (ci-contre) mené par un certain Henry Grattan obtint en 1779 la liberté du commerce, la reconnaissance de la particularité du royaume d'Irlande, ainsi qu'une certaine liberté législative et en 1782, quelques mesures d'adoucissement pour les catholiques. Ces aménagements, cependant, constituaient des mesures de classe : la liberté du commerce et l'autonomie legislative n'intéressait que la haute bourgeoisie protestante, seule à en jouir. Et les adoucissements procurés aux catholiques visaient surtout pour la couronne à s'assurer un certain soutien de leurs élites économiques, seules véritables bénéficiaires. Le clivage de classe créé par l'occupation anglaise ne changeait donc pas radicalement de nature, et l'indépendance restait toute théorique, sachant qu'elle n'était exercée que par une infime minorité de protestants acquis aux vues de l'Angleterre sur la plupart des questions. |
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L'Irlande et la Révolution française La Révolution française qui survint à la fin du XVIIIe provoqua plusieurs effets majeurs dans l'île. Tout d'abord, elle entraîna chez les protestants un regain de haine envers les catholiques, attisé par la crainte d'une intervention française. Du coté catholique, les idées révolutionnaires sucscitèrent un engouement qui fut à l'origine des premiers mouvements nationalistes républicains, qui constituèrent la première tentative cohérente d'organisation des masses irlandaises (principalement catholiques évidemment). Wolfe Tone, bien que protestant, fut le premier et le plus illustre de ces républicain. Admirateur de la grande Révolution française, et désireux de réunir tous les Irlandais contre l'Angleterre, il fonda le Club des Irlandais Unis. Le républicanisme irlandais, c'est à dire le regroupement de tout un peuple autour d'un idéal commun, sans considération de la religion, était né. Dans le même temps, pressé par l'opinion catholique et par les évènements sur le continent, Londres lacha du lest, et accorda en 1793 l'éligibilité et le droit de vote aux catholiques, et l'accès à certaines professions jusque là interdites. Mais suite à des provocations protestantes en Ulster, d'autres lois de sécurité jetèrent les catholiques dans la précarité. Le Mayo des français
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Soldat
écossais défendant Castlebar contre les Français,
G. Cruikshank, aquarelle |
En Aout 1798, sur ordre de Napoléon et encore à la demande de Wolfe Tone, un millier d'hommes menés par le général Humbert débarqua en Connaught, près de Killalor, rapidement rejoints par quelques centaines d'Irlandais des environs et de partisans nationalistes. La prise de Killalor et une victoire audacieuse à Castlebar (illustration ci-contre) contre 6000 anglais (dont 1000 cavaliers) entraina un début d'insurrection en Connemara, mais le reste du pays ne bougea pas, refroidi par la repression de 1796. Les Français, rapidement encerclés à Ballynamuck par l'élite des troupes britanniques, durent rendre les armes. Les protestants fanatiques se déchainèrent, les chefs de l'insurrection furent capturés, et mis à mort. Wolfe Tone se suicida dans sa cellule pour échapper au bourreau. |
| Encore actuellement, beaucoup
estiment que si en 1796 Hoche avait fait débarquer ne serait-ce
qu'une partie de ses troupes et avait eu l'audace et le courage de Humbert,
l'Irlande aurait pu facilement basculer, et son destin ainsi que celui
de l'Europe en aurait été bouleversé. Car si l'Irlande
avait échappé aux Anglais, réserve de céréales
et point stratégique primordial, il est probable que plus généralement
l'issue du conflit anglo-français eut été différente
également.
Le nom de Hoche est encore de nos jours synonyme de lacheté en Irlande, mais celui de Humbert reste populaire, et à Castlebar, une stèle commémore la mémoire des soldats français morts pour l'Irlande. La partie nord du Mayo, ou se déroula l'essentiel des évènements, est toujours connue sous le nom de French Mayo, le Mayo français. Napoléon lui même garde toujours une place dans un certain nombre de foyers irlandais (votre serviteur a même pu voir chez une famille des environs de Galway plusieurs portraits du petit caporal orner les murs du logis). La question d'Irlande et l'Union
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Daniel
O'Connell, Mulvany, huile sur toile |
Daniel O'Connell,
un catholique élevé en France et appartenant aux classes
moyennes, qui avait profité de l'accès aux professions libérales
accordé aux catholiques en 1793, devint le nouveau champion des
irlandais. Grand démocrate, révolutionnaire et égalitariste,
il fut un habile meneur et politicien, tout en restant toujours dans le
cadre de la légalité.
Il remporta de grands succès, comme l'acte d'émancipation des catholiques qu'il arracha à Westminster en 1828, qui amena l'égalité presque totale avec les protestants. Il rendit le mouvement catholique puissant, au point d'en faire la première force politique d'Irlande. Mais sur la fin de sa vie, en butte aux résistances et aux repressions londoniennes contre les mouvements de masse, et laché par les nationalistes radicaux du mouvement Jeune Irlande, il mourut malade et dans l'oubli en 1847. L'Union avait en effet gravement altéré la santé de l'économie irlandaise, qui était de nouveau |
| tombée dans la dépendance anglaise. En outre, les alternatives
légales au combat politique tombaient toutes dans des impasses,
Londres refusant de reconsidérer l'existence de cette Union. Ces
deux phénomènes se conjuguèrent pour amener la catastrophe
du milieu du XIXe siècle, connue sous le nom de "An Gorta Mor",
la Grande Famine.
"An Gorta Mor" : la Grande Famine |
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L'Irlande, ayant gagné deux millions d'habitants entre 1814 et 1841, en comptait maintenant 8 millions, pour une densité de population bien supérieure à celle de la France au même moment. Les familles rurales vivaient exclusivement de la pomme de terre, qu'elles cultivaient dans les petits lopins que les landlords leurs accordaient pour subvenir à leur besoins. Les céréales, produites en grande quantité par ces même paysans, étaient exclusivement exportées vers l'Angleterre ou les villes. En effet, la hausse du prix des produits agricoles en raison du blocus français avait entraîné une augmentation massive des fermages. En 1815, la paix avait ramené les prix à des niveaux raisonnables, mais pas les fermages. Les paysans, pour honorer leurs échéances, ne pouvaient |
| espérer conserver pour eux même une partie
de ces céréales. Les laitages leur étaient même
devenus un luxe.
En 1846, toutes les conditions étaient réunies pour une crise majeure. Celle ci survint en raison de plusieurs mauvaises récoltes de pomme de terre. La sous-alimentation entraîna une extension foudroyante du choléra. Plus d'un million de personnes moururent, et un autre million fut contraint à l'exode. Le bilan général de cette famine fut effroyable. Au plan humain d'abord, en raison de la saignée monumentale qu'elle créa dans le peuple irlandais : des vallées et des régions entières furent entièrement vidées de leurs habitants, et les épidémies ne s'arrêtaient que lorsqu'il n'y avait plus personne pour mourir. Les landlords expulsaient massivement les paysans devenus incapables de travailler, aggravant ainsi la situation. Un village entier en exode mourut en une seul journée dans la vallée de Delphi, dans le Connemara, incapable de rallier la ville la plus proche ou les attendait une aide alimentaire. Certaines associations caritatives protestantes distribuaient d'ailleurs au compte goutte une aide alimentaire chèrement payée : la conversion. Les familles qui acceptaient se voyaient immédiatement frappées du sceau de l'infamie, et étaient surnommées les "soupeurs", ayant trahi leurs co-religionnaires catholiques pour un peu de nourriture. |
The
emigrants, E. Nicol, huile sur toile |
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Au plan culturel,
ensuite, la famine toucha les régions les plus rurales et les plus
pauvres du pays, c'est à dire celles de l'ouest, ou la culture gaëlique
survivait tant bien que mal sous la botte des landlords, mais survivait
tout de même. Mais la famine, en vidant entièrement ces régions,
fit disparaître en quelques années une grande majorité
des locuteurs de la langue gaëlique. C'est de cette époque
que date la prédominance de l'anglais comme langue véhiculaire,
et depuis lors, elle n'est allée qu'en s'accentuant.
L'Europe entière s'émut pour l'Irlande, mais le gouvernement anglais ne prit que des mesures symboliques et sans effets, voire ne fit rien, comme sous le cabinet du libéral Russell. Les britanniques ne restèrent cependant pas tous inactifs, et les mouvements syndicaux et socialistes, comme les chartistes, déclenchèrent de nombreuses actions de solidarité pour venir en aide aux Irlandais. On aboutit d'ailleurs à des situations qui auraient été risibles si les circonstances n'avaient pas été aussi tragiques. En effet, l'Irlande, à cette période, produisait largement assez de céréales pour nourrir plusieurs fois sa population. Mais cette production revenait aux landlords et partait pour l'Angleterre ou à l'exportation. Il arriva donc parfois que le blé distribué aux paysans irlandais par les mouvements de solidarité ait été produit en Irlande par ces paysans, exporté en Angleterre ou il était acheté par ces mouvements, et ré-envoyé en Irlande pour nourrir les paysans. Cette situation absurde illustre fort bien le rôle foncièrement destructeur du libre-échange, dans cette tragique histoire qui fut la dernière famine que connut l'Europe. Si l'Irlande n'avait pas été une colonie mais un Etat indépendant et à l'économie protégée, la famine n'aurait pas eu lieu. |
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L'agitation politique de la seconde moitié du XIXe La tragédie de la famine fut politique également, car elle précipita les premiers mouvements républicains radicaux dans une action armée pour laquelle ils n'étaient pas prêts. Une insurrection menée par la Jeune Irlande fut facilement brisée en 1848, ses chefs exécutés ou déportés. Les émigrés créèrent en exil le mouvements républicain des Fenians dont le but avoué était de nuire à Londres et d'obtenir l'indépendance. La situation redevint à peu près normale dans le courant des années 1860, grâce à quelques mesures progressistes, comme la limitation des expulsions des paysans, et le "désétablissement" de l'Eglise protestante d'Irlande. Vers 1870, les parlementaires irlandais, majoritairement protestants, soucieux de la santé économique de l'île et donc de leur propre fortune, adoptèrent la revendication d'une autonomie interne, dite "Home rule". Sous la pression de la Land League, la ligue agraire, créée par Michael Davitt en 1879, Londres fut contrainte de prendre plusieurs lois agraires favorables aux catholiques. Les parlementaires catholiques, devenus majoritaires dans la représentation irlandaise, obtinrent la présentation en 1886 d'un premier projet de Home rule devant la chambre des communes, mais il fut repoussé. Un second fut adopté en 1893, mais fut rejeté par la chambre des Lords. |
| Le recours à la voie armée et Pâques
1916
Face à l'impasse de l'action parlementaire, les nationalistes irlandais se radicalisèrent, et décidèrent d'agir en Irlande même. Arthur Griffith créa en 1900 le Sinn Fein (littéralement : "nous même"), qui réclamait la formation immédiate d'un parlement national, et présentait un programme économique socialiste, largement inspiré des idées de James Connolly, un Irlandais né en Ecosse, et venu dans la cause de l'indépendance irlandaise par le syndicalisme. Il fut avec le poète Patrick Pearse un des moteurs intellectuel et militant de la constitution du mouvement républicain et du réveil de l'identité gaëlique dans la deuxième moitié du XIXe siècle, et reste un des plus grand penseur |
La
grande grève de 1913 |
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du socialisme européen. Les mouvements comme l'Irish
Republican Brotherhood devinrent au cours de cette période les
véritables porteurs de l'indépendance et de l'identité
populaire irlandaise, abandonnant aux landlords protestants et à
la bourgeoisie catholique le rôle de figurants.
Mais alors que Westminster, sous la pression des parlementaires irlandais, acceptait l'idée en 1912 d'un Home rule devant entrer en application deux ans plus tard, la guerre mondiale vint reporter le projet sine die. En outre, le vote du Home rule avait suscité de la part des unionistes d'Ulster des réactions violentes que Londres ne parvenait pas à endiguer, l'armée Britannique refusant de marcher contre eux. La guerre mit cependant fin aux troubles en envoyant tout le monde sur le front. Mais le conflit sur le continent n'avait pas mit fin aux prétentions des républicains, qui préparèrent dans le plus grand secret un insurrection pour Paques 1916. Menée par les leaders républicains regroupés dans les Irish Volunteers, ancêtre de l'IRA, elle prit totalement de cours les forces de l'ordre. Les centres vitaux de Dublin se trouvèrent rapidement entre les mains des insurgés, qui proclamèrent la République irlandaise (voir ci-contre). Mais ceux ci échouèrent à provoquer le soulevement de la province. Les combats firent rage pendant près d'une semaine, et les républicains, mal armés et assiégés dans le Grand Post Office (GPO) de Dublin, succombèrent finalement à des troupes près de 20 fois supérieures en nombre, et équipées de canons. |
| La repression
anglaise fut d'une impitoyable férocité : en quelques semaines,
tous les principaux meneurs, après un simulacre de procès
expédié en quelques heures, furent fusillés. La plupart
des executions eurent lieu derrière les murs de la sinistrement
célèbre prison de Kilmainham (ci-contre), qui vit défiler
dans ses cellules l'essentiel des acteurs de toutes les insurrections irlandaises
du XIXe. Connolly lui même, gravement blessé pendant les combats,
fut fusillé assis sur une chaise dans une semi inconscience, rejoignant
le destin de Robespierre. Eamon de Valera ne dut sa grâce qu'au fait
d'être citoyen américain. Suivirent plus de 5000 arrestations
et internements, jusqu'au Pays de Galles et en Angleterre.
Certains estiment que la défaite des insurgés était inéluctable dès le premier coup de fusil. C'est une vision étriquée, car si la province ne se souleva pas, il en fut de peu. En outre, au delà du rôle symbolique de ce soulèvement, les chefs |
Execution
de Joseph Plunkett dans la prison de Kilmainham, en mai 1916. |
| de l'insurrection, tout en ayant conscience de la minceur
de leur chances, avaient aussi conscience de la necessité de réveiller
l'ardeur des Irlandais par un coup d'éclat. Et ce furent les Anglais,
qui par leur brutalité, donnèrent raison aux insurgés.
La répression souleva une vague d'indignation sans précédent
dans le pays, et entraina une adhésion massive de la jeunesse du
pays à la nouvelle IRA, qui venait d'être fondée par
les survivants de ce soulèvement, comme Eamon de Valera
et
Michael
Collins. Les éléctions qui suivirent assistèrent
à un raz de marée pour le Sinn Fein.
La guerre civile et la victoire
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Volontaires
de l'IRA pendant la guerre d'indépendance(Men of the west,
Sean Keating, huile sur toile, 1920 env.) |
| protestants, majoritaires dans cette partie du pays et fanatisés
dans leur haine du "papisme".
L'acceptation de ce compromis par une partie majoritaire des républicains entraina fatalement l'autre partie dans la dissidence. Le parlement national nouvellement formé ratifia l'accord avec l'Angleterre, mais De Valera mena le front du refus, pronant une guerre totale et jusqu'au-boutiste contre les Britanniques jusqu'à l'indépendance complète et totale. La guerre civile devint inévitable ; elle se produisit, et finit par être remportée par les forces gouvernementales menées par Collins (qui fut tué durant les affrontements). Mais le clivage qu'elle créa dure encore, et se ressent dans les relations difficiles qu'entretiennent Dublin et le Sinn Fein actuel, qui ne reconnaît toujours pas la légitimité d'un Etat qui comprend seulement 26 comtés sur les 32 que compte l'Irlande. À partir de 1969, l’Eire se trouva directement confrontée au problème de l’Ulster et se débattit dans une situation ambiguë : traditionnellement prête à soutenir les revendications des catholiques de Belfast et à plaider la cause de la réunification de l’Irlande, elle ne pouvait cependant pas approuver les actions terroristes de l’IRA en Ulster. Le conflit d'Irlande du nord semble cependant actuellement trouver une sortie, mais le chemin est encore long. Vous trouverez ici bientôt un exposé sur le conflit nord-irlandais et ses développements récents L'irlande moderne
Finalement, après huit siècles de tragédies, d'émeutes, de rébellions, de répressions, l'Irlande - du sud en tout cas - semble avoir pris le chemin de la normalisation. Elle devient lentement un Etat européen démocrate et libéral (au sens économique comme au sens social). L'Eglise perd peu à peu son influence, et les jeunes Dublinois rèvent de la même chose que les jeunes Londoniens ou les jeunes Parisiens. Qui peut dire si cela est bon, ou mauvais ? Ce qui est sur, c'est que de moins en moins d'entre eux se souviennent du prix que leurs pères et mères payèrent pour qu'ils vivent libres... |
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